Fondés sur les systèmes ABO et Rhésus, les groupes sanguins permettent de déterminer la compatibilité sanguine entre deux personnes. Mais celle-ci dépend également du type de produit transfusé (globules rouges, plaquettes ou plasma).

Tout savoir sur la compatibilité des groupes sanguins
Le système ABO & rhésus

Les cellules du sang ont une identité

Même si la composition du tissu sanguin est la même pour tous, les différents éléments du sang portent à leur surface des marques d’identité individuelle.Il s’agit de molécules, les antigènes, qui varient d’une personne à l’autre. Concernant les cellules du sang – globules rouges, globules blancs et plaquettes – et certaines protéines du plasma comme les immunoglobulines, ces différences définissent les groupes sanguins. Il existe ainsi plusieurs dizaines de systèmes antigéniques (Kell, Duffy, Kidd…) permettant de caractériser les cellules sanguines, dont plus de 20 pour les seuls globules rouges. Les plus importants pour la transfusion sont les systèmes ABO et Rhésus, qui déterminent la compatibilité sanguine entre deux individus.

ABO et Rhésus : deux systèmes complémentaires 

Le système ABO permet de déterminer quatre groupes sanguins selon la présence ou non de deux antigènes, A et B, à la surface des globules rouges. Les humains, selon qu’ils possèdent l’antigène A, l’antigène B, les deux ou aucun des deux, sont ainsi classés dans le groupe sanguin A, B, AB ou O.

  • Un sujet de groupe A a ainsi l’antigène A et des anticorps anti-B.
  • Un sujet de groupe B a l’antigène B et des anticorps anti-A.
  • Un sujet de groupe AB a les antigènes A et B et n’a pas d’anticorps anti-A ou anti-B.
  • Un sujet de groupe O n’a pas d’antigène A ou B et a des anticorps anti-A et anti-B.

Ces groupes sont déterminants pour les transfusions. Car si les anticorps anti-A (ou anti-B) du receveur se fixent sur les antigènes A (ou B) des globules rouges du donneur, ils provoquent l’agglutination de ces cellules, voire leur destruction (hémolyse). Et entraînent donc l’échec de la transfusion, et dans certains cas, des réactions cliniques graves, voire dramatiques. C’est pourquoi, lors d’une transfusion, la compatibilité entre groupes sanguins doit absolument être respectée. 

Le système Rhésus (ou RHD) détermine quant à lui, selon la présence ou l’absence de l’antigène D sur les globules rouges, si un individu est Rhésus positif (+) ou négatif (-).

La combinaison des deux systèmes permet le classement en 8 groupes sanguins : groupes : A+, A-, B+, B-, AB+, AB-, O+ et O-.

 

Le saviez-vous ?

Le terme Rhésus vient du nom d’une espèce de macaque, Macaca rhesus, qui a permis de mettre en évidence ce système de groupes sanguins en 1940.

Répartition des groupes sanguins en France
Les groupes A+ et O+ sont les plus communs dans notre pays : on les retrouve respectivement chez 37 % et 36 % des Français. Suivent les groupes B+ avec 9 %, A- avec 7 %, O- avec 6 % et AB+ avec 3 % de la population. Enfin, les groupes B- et AB- sont très rares. Ils sont présents chacun chez moins de 1 % des Français.
Qui peut donner pour qui ?

Dans la plupart des cas, les receveurs sont transfusés avec le sang d’un donneur de même groupe. Il peut néanmoins exister des exceptions. 

  • Pour la transfusion de globules rouges, les individus de groupe O-  peuvent donner à n’importe quel receveur : ils sont appelés « donneurs universels ». À l’inverse, les individus de groupe AB+ peuvent recevoir les globules rouges de tous les groupes sanguins. Ils sont dits « receveurs universels ».
  • Pour la transfusion de plasma, les règles de compatibilité sont différentes. Le plasma de donneurs de groupe AB convient à tous les receveurs : ils sont « donneurs universels de plasma ». Et comme ils ne représentent que 4 % de la population, ils sont particulièrement recherchés pour ce type de don.  

Le plasma des individus de groupe B- (1 % de la population) est également très recherché. A l’inverse, les personnes du groupe O peuvent recevoir du plasma de tous les groupes sanguins.