Malaises et don de sang : ce qu’il faut savoir

09/04/2026
8 min
Une infirmière de l'EFS sourit à un donneur
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Vous souhaitez avoir des informations sur le risque de malaise lors d’un don de sang ? Personnes concernées, causes, et surtout comment les éviter… Cet article vous explique tout ce qu’il faut savoir à ce sujet.

Vous êtes déjà en train de donner et souhaitez voir les exercices à réaliser ? Rendez-vous sur cette page

Un malaise est une sensation de faiblesse transitoire qui peut s’accompagner de vertiges et, dans certains cas, d’une courte perte de connaissance. Bien que désagréable, il s'agit d'une réaction naturelle de l'organisme face à une situation inhabituelle.

Un malaise peut survenir pendant le don. On parle alors de malaise immédiat. Il peut parfois aussi survenir après un don quand le donneur a déjà quitté le lieu de collecte. On parle alors de malaise retardé.

Même si cela est peu fréquent, ce qui nous préoccupe c’est quand un malaise se complique par une chute et plus grave encore, s’il survient alors que l’on est au volant. La bonne nouvelle, c’est qu’avec une petite préparation, on peut facilement réduire les risques qu’il se produise.

Est-ce risqué ?

Le malaise se manifeste avant tout par une sensation désagréable. Il survient majoritairement pendant le don, lorsque le donneur est allongé sur le fauteuil de prélèvement. Dans ce cas, il n’est pas grave car le donneur ne peut pas chuter, même s’il perdait connaissance pendant une courte durée. Le risque principal est une perte de connaissance après s'être relevé. Elle peut occasionner une chute et donc un traumatisme lié à cette chute. Pour cela, il est donc essentiel de rester vigilant même une fois le don terminé.

C’est notamment pour prévenir ce risque que nous vous demandons de passer 20 minutes avec nous lors de la pause A+ après le don. (voir la section « Après le don ») Nous profitons de ce moment pour surveiller que vous avez bien supporté le don.

Qui est le plus susceptible de faire des malaises ?

Les nouveaux donneurs sont statistiquement plus sujets aux malaises car ils ne sont pas encore en terrain connu et ressentent plus d’appréhension. Ils peuvent être stressés par la piqure, par la vue du sang, par la peur d’avoir mal… Un cocktail d’éléments pouvant déclencher une réaction inhabituelle du corps.

La bonne nouvelle, c’est que le risque de malaise diminue énormément dès le deuxième don. Faire un malaise la première fois n’est donc pas anormal, et n’implique pas d’en refaire obligatoirement la fois suivante. Le secret réside dans une bonne préparation car il y a des moyens de les éviter. Tout est expliqué dans la rubrique « Bien se préparer avant le don de sang ».

Est-ce que les malaises sont fréquents ?

Ce type de réactions dites « vasovagales immédiates » concerne environ 0,2% des dons (235,9 malaises pour 100 000 dons, soit 1 donneur sur 424), avec une fréquence significativement plus élevée chez les nouveaux donneurs, et les donneurs de moins de 30 ans.

0,2% des donneurs subissent un malaise lors de leur don

Pour les réactions vasovagales retardées (après avoir quitté le lieu du don), le chiffre tombe à 19,2 sur 100 000, soit 1 personne sur 5208 (Hémovigilance EFS, 2023).

Nos équipes savent que les malaises peuvent arriver et sont donc habituées à les repérer et les prendre en charge. Donc pas de panique : même en cas de malaise, vous serez toujours bien pris en charge, et vous serez moins susceptible d’en avoir la fois suivante.

Lors d’un don de sang, le corps doit s'adapter à deux situations inhabituelles : une variation rapide du volume sanguin et un stress lié au don, et ceci particulièrement pour le premier don.

En temps normal, cette adaptation est fluide : le corps ajuste le tonus des vaisseaux sanguins et le rythme cardiaque pour que la circulation sanguine soit stable. Lorsque ce mécanisme d’adaptation est perturbé par une situation inhabituelle, un malaise peut survenir, soit par une réaction du système nerveux autonome, soit par un manque d’hydratation, et parfois les deux.

Les deux types de malaises (ou réactions) : 

  • La réaction vasovagale (déclenchée par le système nerveux) : c’est la cause la plus fréquente, notamment chez les jeunes donneurs et/ou lors d’un premier don. Sous l'effet du stress ou de l'anxiété, le rythme cardiaque augmente. Le nerf vague (aussi appelé « nerf cardiaque ») exerce alors un "rétrocontrôle négatif" qui peut s’avérer excessif. Agissant comme un coup de frein brutal, il ralentit le cœur, ce qui fait chuter la pression artérielle, on peut alors « se sentir partir ». C’est ce qu’il soit produit parfois lorsque vous êtes confronté à une grande surprise, ou un soulagement rapide lié à un stress intense.
  • La réaction hypovolémique (déclenchée par une mauvaise hydratation) : elle est liée à la baisse du volume sanguin proprement dite. Si le donneur est mal hydraté avant de donner, l'organisme ne parvient pas à compenser assez vite la perte de liquide. Le cœur a beau accélérer pour maintenir la tension, le manque d'eau dans la circulation sanguine empêche la stabilisation du débit, entraînant la survenue d’un malaise. Bien boire avant, pendant, et après le don est donc indispensable pour éviter un malaise.

 

Schéma montrant les deux réactions menant au malaise

Pour garantir la sécurité des donneurs, le volume prélevé est donc strictement contrôlé, et calculé suivant la taille, le poids et le sexe. Il ne dépasse jamais un pourcentage défini du volume sanguin total (jusqu’à 13 %). Cette limite est calculée pour que les mécanismes naturels suffisent à garantir une circulation sanguine parfaitement stable. Pour l’immense majorité des donneurs, cela suffit pour que le don se passe sans problème.

Les réactions vasovagales et hypovolémiques peuvent se cumuler. Une mauvaise hydratation associée à un stress important peut favoriser un malaise plus marqué et ralentir le temps de récupération. Le respect de principes simples permet de réduire fortement l’apparition de ces malaises. On vous explique comment bien vous préparer.

Boire juste avant le don

Il est indispensable d'être bien hydraté avant votre don, en ayant bien bu les dernières 24 h (eau, jus de fruits…). Cela permet à votre corps de rapidement reconstituer le volume sanguin. Votre sang est en effet principalement composé de plasma, lui-même constitué de 90% d’eau.

Pour votre santé, mais aussi pour le don, évitez de boire trop d’alcool dans les 48h précédant le don, car celui-ci déshydrate. Le jour même, évitez aussi de consommer trop de boissons chaudes (thé, café) qui ont un effet diurétique. Pas de problème pour la boisson du matin, mais pensez à bien vous hydrater en parallèle.

Ce qu’il faut retenir, c’est de venir bien hydraté, et sans être à jeun avant votre don. C’est l’inverse de ce qu’on vous recommande souvent avant une prise de sang en laboratoire. Les tests réalisés après chaque don pour contrôler la présence d’infections (VIH, Hépatite, etc…) ne sont pas impactés par ce que vous avez mangé avant le don.

Boire de nouveau une fois sur place

A chaque arrivée en collecte ou maison du don, vous serez toujours accueilli avec une bouteille d’eau. Même si vous êtes déjà bien hydraté, il est important de la consommer avant votre don.

En buvant de l’eau juste avant le don, vous dilatez votre estomac, ce qui provoque un réflexe protecteur contre le malaise vagal. En s’étirant pour accueillir le liquide, l’estomac envoie en effet un signal au système nerveux autonome qui déclenche, par réaction, une stimulation de la circulation sanguine. Les vaisseaux sanguins se resserrent alors légèrement (vasoconstriction), ce qui fait remonter la pression artérielle. Cela agit comme un "bouclier" qui compense par anticipation la chute de pression provoquée par le prélèvement de sang. Et c’est efficace : les résultats montrent que boire un demi-litre d’eau à votre arrivée en collecte, dont 300 ml juste avant le prélèvement, réduit globalement le risque de voir survenir un malaise de 26 %. (EFS, 2014)

Pour être efficace, l'eau doit être bue peu de temps et idéalement juste avant le don (l'effet bénéfique s'estompe après 45 minutes). Il atteint son maximum rapidement. Si vous buvez trop tôt, l'estomac se vide et le "réflexe protecteur" s'estompe avant même que le prélèvement ne commence.

Se détendre, c’est stabiliser votre tension

Se détendre est le meilleur moyen d'éviter une chute de tension, en réduisant votre stress avant votre don. Parlez-en avec vos amis, regardez des témoignages … Et sachez que le jour-j, vous êtes entre de bonnes mains. Notre équipe est là pour vous rassurer, vous guider, et vous expliquer comment le don se déroule. N'hésitez pas à leur partager vos craintes : nous saurons y répondre pour que votre expérience de don soit la plus agréable possible.

Faire un malaise n’est pas une expérience agréable, mais ce n’est pas parce que vous en faites un lors d’un don que vous en ferez un autre. Avec ou sans vertiges, vous en ressortirez avec une petite anecdote, à raconter pour sensibiliser vos proches sur les bonnes pratiques à réaliser.

Ça y est, le grand moment est arrivé et le don va commencer. Pour réduire les risques de malaise en permettant une bonne circulation sanguine, voici qu’il faut réaliser.

Ne croisez pas vos jambes

Si vous gardez les jambes croisées pendant le don, une partie du volume sanguin peut se retrouver piégée dans la jambe comprimée. Or, votre cœur a besoin de mobiliser l’ensemble de votre volume sanguin pendant le don pour maintenir une bonne pression artérielle. Ne pas croiser les jambes permet de maintenir une bonne circulation sanguine en mobilisant l’ensemble du volume sanguin.

Pendant le prélèvement, c’est la pratique d’exercices musculaires qui réduit jusqu’à 36% le risque de survenue d’un malaise. Pratiquer des exercices simples de stimulation musculaire (comme contracter les jambes) favorise le retour veineux, et permet de ne pas focaliser son attention sur les appréhensions du don.

  •  Inspirez et soufflez avec la respiration abdominale

Inspirer en gonflant le ventre permet d'abaisser votre diaphragme, créant un appel d'air et de pression dans votre cage thoracique. Ce phénomène agit comme une pompe qui propulse le sang des membres inférieurs (les jambes) vers le cœur. Ce mécanisme assure une alimentation constante du cœur, compensant ainsi la perte de volume sanguin liée au don.

En prime, une respiration abdominale lente et contrôlée aide aussi à réguler le système nerveux. Elle évite l'emballement du rythme cardiaque et permet de vous détendre. Alors n’hésitez pas à l’utiliser même avant votre don.

  •   La griffe des orteils et les flexions de chevilles

Le sang circule dans vos veines à basse pression. Pour remonter des jambes vers le cœur, le corps compte sur la contraction des muscles qui servent à comprimer les veines et à propulser le sang vers le haut du corps. En contractant les mollets et en effectuant la "griffe des orteils", vous facilitez la remontée du sang présent dans les jambes vers le cœur. Ce dernier reçoit alors suffisamment de sang pour continuer à maintenir une bonne tension artérielle.

Schéma illustration l'impact de la contraction musculaire sur la circulation veineuse

Répétez chaque exercice 10 fois à tour de rôle, en n’oubliant pas de boire pendant votre don !

Après le don, notre corps se détend, et le stress redescend. Vous venez de sauver des vies, mais votre propre tension a tendance à baisser. Il faut donc être vigilant, et veiller à bien reprendre des forces avant de nous quitter.

Après votre don, vous devez rester assis 20 minutes à la collation. Votre corps va pouvoir progressivement compenser la perte du liquide lors du don. En buvant suffisamment, vous aidez ce mécanisme à se mettre en place. Notre conseil : n'hésitez pas à manger des aliments salés, car en retenant l'eau dans les vaisseaux, le sel aide à restaurer le volume sanguin plus rapidement. Cela réduit le risque de survenue de malaise une fois que vous avez quitté le lieu de don.

Après votre don, évitez aussi de pratiquer une activité sportive intense dans les 24h et de fumer. Votre corps a besoin de temps pour reconstituer un volume sanguin suffisant pour maintenir une bonne tension artérielle.

Si vous faites un malaise le jour-j, nos équipes sont formées pour réagir au plus vite et vous mettre dans une position de sécurité (allongé sur un lit ou fauteuil de prélèvement). En vous allongeant, vous reprendrez connaissance au bout de quelques secondes, et vous serez prêt à vous relever au bout de quelques minutes.

Pour éviter de faire un malaise une fois que vous avez quitté le lieu de collecte, soyez attentif à d’éventuels signes annonciateurs. Fatigue soudaine et intense, sensation de « tête vide », bouffées de chaleur ou sensation de froid, nausées…Si vous êtes confronté à ces symptômes, asseyez-vous, voire allongez-vous si possible avec les jambes surélevées pour faire passer le malaise, et limiter le risque de vous faire mal en tombant. C'est également valable pour les hommes lorsqu’ils vont aux toilettes : pensez à vous asseoir, plutôt que de rester debout et statique.

Ca se passe en ce moment.

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