21/01/2021
Recruter de nouveaux donneurs, un enjeu de taille pour l'EFS.

Grâce aux 79 267 donneurs de notre région, l’EFS Bourgogne-Franche-Comté a répondu au besoin de tous les malades en 2020, mais affiche près d’un quart de recrutement en moins par rapport à 2019. Pourquoi est-ce si important de sensibiliser de nouveaux donneurs, et comment aider ? Explications par le Dr Slimane, directeur adjoint de l’EFS régional.

Quel est le bilan de l'année 2020 ?

M.S : « Grâce aux 79 267 donneurs de notre région de l’année 2020, l’EFS Bourgogne-Franche-Comté a répondu au besoin de tous les malades. Si on peut se féliciter d’avoir malgré la pandémie réussi à assurer le soin de tous les patients en attente de transfusion, nous regrettons néanmoins le déficit de nouveaux donneurs, avec près d’un quart de recrutement en moins par rapport à 2019. Nous devons sensibiliser TOUS les citoyens à l’importance du don de sang et ce dès le début de l’année. Venez donner votre sang, une manière solidaire de prendre l’air et de sauver des vies. »  

Pourquoi le recrutement de nouveaux donneurs est-il si important alors que l’EFS a réussi à répondre à TOUS les besoins des malades en 2020 ? 

M.S : « Le recrutement de nouveaux donneurs est primordial pour 3 raisons : 
- renouveler les donneurs. Chaque année, 170 000 personnes quittent le contingent des donneurs par limite d’âge ou contre-indications médicales. Or pour 1 départ, il faut recruter 1,5 nouveau afin d’obtenir un nombre de dons équivalent, les anciens donneurs donnant plus souvent que les nouveaux.  

- répondre de manière adaptée à chaque besoin. Avec 500 000 transfusés en France par an, le recrutement de profils variés apporte la diversité en groupes sanguins et phénotypes indispensables pour couvrir les besoins de toute la population malgré ses différences génétiques. Avec un éventail de donneurs plus large, nous pouvons également les orienter vers certains types de don selon leur groupe sanguin : plasma, plaquettes, etc. 

L’exemple de la drépanocytose 
Maladie génétique la plus répandue dans le monde, elle touche en majorité des personnes d’origines d’Afrique sub-saharienne ou des Antilles. Cette maladie touche 20 000 personnes en France ; leurs groupes sanguins ont des caractéristiques spécifiques peu répandues chez les caucasiens. Ces malades ont besoin de transfusions avec des produits sanguins présentant les mêmes caractéristiques immunologiques que leur sang. Une personne atteinte de cette maladie consomme en moyenne 50 produits sanguins par an. 

- assurer les besoins immédiats quel que soit le contexte. La crise sanitaire qui nous touche est un bon exemple. Un nombre important de malades de la Covid-19 c’est autant de donneurs écartés temporairement du don, puisqu’il faut attendre 28 après l’arrêt des symptômes pour pouvoir donner son sang. Il faut donc compter sur de nouveaux donneurs pour assurer les 10 000 dons nécessaires chaque jour en France. » 

Quel est l’état des réserves de sang en ce début d’année ?

M.S : « L’affaiblissement de la mobilisation après les fêtes de fin d’année et les deux jours fériés, qui n’ont pas permis à l’EFS de collecter, commence à avoir un impact négatif sur les réserves de sang. Nous avons tenté de compenser les jours fériés par un allongement des horaires les samedis 26 décembre et 2 janvier mais cette mesure n’a pas eu les effets attendus sur la mobilisation.

La période est difficile : les stocks baissent et nous avons des craintes pour les semaines à venir sans un regain de mobilisation. Nous avons toujours des difficultés sur l’organisation de collectes en entreprise en raison du télétravail tout comme en milieu étudiant ; quand elles sont maintenues la fréquentation est diminuée par rapport à nos standards habituels. En 2020 nous avons eu une baisse de 64% des dons sur les collectes étudiantes et près de la moitié moins de dons dans les entreprises du fait de la pandémie. 

Enfin, si durant la première moitié de l’année 2020 l’activité hospitalière a été freinée par la pandémie, réduisant la demande de sang, cette dernière a repris depuis la rentrée de septembre. La consommation de produits sanguins est donc repartie à la hausse sans que notre niveau de prélèvement ne soit comparable à celui d’avant la crise sanitaire, où nous collections beaucoup dans les lycées, campus et entreprises. A l’heure où la santé est au cœur des préoccupations, donner son sang est une simple et belle manière de participer à sauver des vies. » 

Comment aider, chacun à son niveau ?

M.S : « Chaque action, même si elle paraît simple, est la bienvenue. En participant aux challenges organisés dans l'une de nos 7 Maisons du don régionales, en organisant des navettes avec vos collaborateurs, ou simplement en distribuant des affiches et flyers à vos collègues, vous permettez à l'EFS de faire rayonner le don de sang et de recruter de nouveaux donneurs. C'est une cause solidaire qui vous permet de partager à la fois des valeurs et des moments de convivialité entre collègues, alors pourquoi s'en priver ! »