Témoignage de Thélia, ambassadrice et receveuse
- Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Thélia, j’ai 21 ans et je suis étudiante dans le domaine du social. J’aime passer du temps avec ma famille, sortir avec mes copines et voyager.
- Quand as-tu appris que tu étais atteinte d’une anémie chronique ?
En décembre 2021, j’étais au lycée, j’ai fait un malaise en montant les escaliers. Dans les semaines qui ont suivi, la fatigue s’est accentuée, accompagnée de maux de tête, de nausées et de vertiges de plus en plus fréquents.
En février, j’ai fait une prise de sang de contrôle qui a révélé un taux d’hémoglobine assez bas, autour de 6. Le lendemain, je me suis rendue aux urgences. J’ai dû refaire une prise de sang montrant que ce taux avait encore chuté, il était maintenant aux alentours de 4. J’ai donc été hospitalisée en service de pédiatrie hémato-oncologie, où l’on m’a expliqué que si j'étais restée encore 2 jours sans rien faire je me serais endormie dans mon sommeil et que le seul traitement actuel possible était la transfusion.
Je suis restée cinq jours hospitalisée dans l’espoir de comprendre l’origine de cette anémie. Aujourd’hui, quatre ans plus tard, la cause reste encore inconnue.
- Qu’est-ce que cette maladie implique concrètement dans ta vie de tous les jours ?
Mon anémie m’impose un rythme plus lent au quotidien : je ne peux plus pratiquer d’activité physique ni sortir autant que je le souhaiterais. Il m’est aussi difficile de partir loin de chez moi sur de longues périodes, car je dois toujours organiser mes vacances et mes activités en fonction de mes transfusions.
- En quoi les transfusions ou les produits sanguins sont-ils essentiels pour toi ?
Les transfusions sont essentielles pour moi puisqu’elles me permettent de continuer à vivre.
- Comment cela se passe-t-il ?
J’ai des transfusions toutes les 3 semaines depuis février 2022. Lorsque j’arrive à l’hôpital pour me faire transfuser, je me sens généralement faible, essoufflée au moindre effort, j’ai du mal à me concentrer, je suis très fatiguée, le teint pâle et je suis plus sensible aux maux de tête. Lorsque je ressors je n’ai plus tous ces symptômes. Et souvent, c’est le lendemain que je me sens beaucoup plus en forme.
- Te souviens-tu de la première fois où tu as eu besoin de sang ? Comment l’as-tu vécue ?
J’ai eu ma première transfusion lors de mon hospitalisation, elle m’a permis de retrouver de l’énergie et de la forme. J’ai toujours eu peur des piqûres et du sang, donc je ne suis jamais très à l’aise pendant ces moments. Mais avec le temps, j’ai compris que ces transfusions me permettent de continuer à vivre une vie presque normale, et ça m’aide à surmonter ma peur. Ce qui m’aide aussi c’est que l’équipe médicale me connait bien et qu’un lien de confiance s’est créé.
- Que ressens-tu lorsque tu sais que des donneurs anonymes rendent ton traitement possible ?
Lorsque je sais que des personnes donnent leur sang, je me sens très reconnaissante envers eux, puisque c’est grâce à ces personnes que je peux continuer à vivre.
- Si tu pouvais t’adresser directement aux donneurs de sang, que voudrais-tu leur dire ?
Merci beaucoup ! En me donnant votre sang, vous me permettez de vivre ❤️
- Qu’aimerais-tu que les personnes qui hésitent encore à donner comprennent grâce à ton témoignage ?
Pour vous c’est environ 1 heure en moins dans votre journée, pour nous, receveurs, c’est quelques mois ou une vie qui continue. C’est motivant 😉